FR
Go Back Go Back
Go Back Go Back

Vers une meilleure gouvernance des données sur les violences basées sur le genre : l’intégration du GBVIMS-Santé dans le DHIS2 à Djibouti

Share

Nouvelles

Vers une meilleure gouvernance des données sur les violences basées sur le genre : l’intégration du GBVIMS-Santé dans le DHIS2 à Djibouti

calendar_today 02 Février 2026

Présentation de la première phase de la fusion du GBVIMS-DHIS2
Présentation de la première phase de la fusion du GBVIMS-DHIS2

Les violences basées sur le genre (VBG) constituent un défi majeur de santé publique et de droits humains à Djibouti, avec des impacts profonds sur la santé physique, psychologique et sociale des survivantes. Dans ce contexte, la disponibilité de données fiables et harmonisées est essentielle pour améliorer la planification des interventions, renforcer la coordination des services et soutenir une prise de décision fondée sur des évidences. Afin de répondre à ce besoin, le Ministère de la Santé, avec l’appui technique et financier de l’UNFPA, a engagé un processus stratégique visant à intégrer les données de prise en charge des VBG dans le Système National d’Information Sanitaire (DHIS2), en lien avec la plateforme GBVIMS-Santé.

Cette initiative vise à renforcer la gouvernance des données, améliorer leur qualité et faciliter leur utilisation pour le suivi et l’évaluation des interventions en faveur des survivantes. Le 2 février 2025, un atelier national organisé à Djibouti a marqué une étape clé dans ce processus en réunissant les représentants du Ministère de la Santé, de la Direction de l’Information Sanitaire (DIS), de l’Institut National de Santé Publique de Djibouti (INSPD), des structures de santé ainsi que plusieurs partenaires techniques et acteurs impliqués dans la réponse aux VBG.

Cet atelier avait pour objectif de lancer et d’harmoniser le processus d’intégration des données relatives aux violences basées sur le genre dans le DHIS2, tout en renforçant la coordination institutionnelle autour de la gestion de ces informations sensibles. Les discussions ont permis de partager les expériences nationales en matière de collecte et d’analyse des données, d’identifier les défis persistants, notamment la fragmentation des systèmes de collecte et les capacités variables des acteurs, et d’examiner les modalités techniques permettant d’assurer l’interopérabilité entre le DHIS2 et le GBVIMS-Santé.

Les participants ont également procédé à l’examen et à la validation de plusieurs documents structurants, notamment les termes de référence pour la coordination interne du secteur santé, les standards opérationnels de prise en charge médicale des VBG ainsi que les outils de gestion de l’information et de certification médico-légale. Par ailleurs, la validation concertée des indicateurs clés relatifs aux VBG constitue une avancée importante, ces indicateurs devant être progressivement intégrés dans le DHIS2 afin d’améliorer le suivi des services et l’analyse des tendances nationales.

En parallèle, une mission de renforcement des capacités a été mise en place pour former un noyau national de formateurs issus de la Direction de l’Information Sanitaire, de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant et de l’Institut National de Santé Publique de Djibouti, ainsi que des partenaires sectoriels impliqués dans la prise en charge et le référencement des survivantes. Cette approche, fondée sur un modèle de formation en cascade combinant sessions théoriques, exercices pratiques et accompagnement technique, vise à garantir une appropriation durable du système intégré DHIS2–GBVIMS-Santé et à harmoniser la collecte, l’analyse et l’utilisation des données à travers l’ensemble des structures concernées.

Dans ce dispositif, le Ministère de la Santé assure la gouvernance nationale de la plateforme intégrée et veille à la sécurité, à la confidentialité et à la souveraineté des données, tandis que la Direction de l’Information Sanitaire, avec l’appui de la DSME et de l’INSPD, assure l’administration opérationnelle du système, la gestion des accès, l’analyse des données et la production de rapports destinés à éclairer la planification sanitaire et les décisions stratégiques. Les structures de santé, les services de la gendarmerie nationale, la cellule d’écoute de l’Union Nationale des Femmes de Djibouti ainsi que l’Agence Nationale des Personnes Vivant avec Handicap contribuent également à l’enregistrement et au suivi des cas, dans le respect strict des principes de confidentialité et de protection des survivantes.

En consolidant les systèmes d’information et en renforçant les capacités des acteurs impliqués, l’intégration du GBVIMS-Santé dans le DHIS2 marque une avancée importante vers une gouvernance plus efficace des données sur les violences basées sur le genre. Cette initiative permettra d’améliorer la coordination entre les services impliqués dans la prise en charge des survivantes, de mieux analyser les tendances et d’orienter les politiques publiques vers des interventions plus adaptées aux besoins des femmes et des filles, contribuant ainsi à renforcer la réponse nationale face aux violences basées sur le genre à Djibouti.