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De gendarme à défenseur des droits des filles : le combat d’Aleo Mohamed Aleo contre les MGF

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Histoire

De gendarme à défenseur des droits des filles : le combat d’Aleo Mohamed Aleo contre les MGF

calendar_today 06 Février 2026

Photo du gendarme Aleo Mohamed
Photo du gendarme Aleo Mohamed

À Djibouti, certaines histoires dépassent le cadre d’une carrière pour devenir un engagement de vie. Celle d’Aleo Mohamed Aleo en est une illustration forte.

Un matin ordinaire au One Stop Center de Balbala. Une jeune fille arrive, accompagnée d’un relais communautaire. Elle est accueillie, écoutée, prise en charge immédiatement. Pour Aleo, chaque situation ravive des souvenirs plus anciens — ceux d’une époque où les survivantes n’avaient nulle part où aller.

Né le 13 décembre 1985, Aleo rejoint la gendarmerie en 2007. Formé comme Officier de Police Judiciaire (OPJ), il est rapidement confronté, sur le terrain, à la réalité des mutilations génitales féminines (MGF). Dans les régions de Dikhil, Yoboki et Obock, il découvre la souffrance silencieuse de jeunes filles, souvent privées de soins adaptés.

À défaut de structures spécialisées, les familles se tournaient vers la brigade en cas de complications graves. Face à des situations d’urgence — hémorragies, infections, traumatismes — Aleo devait agir dans l’urgence, entre procédures judiciaires et recherche de solutions médicales. Trop souvent, les cas restaient sans suivi, freinés par la peur et la stigmatisation.

Ces expériences ont profondément marqué son engagement. « On ne peut pas rester indifférent face à la souffrance d’un enfant », confie-t-il.

Aujourd’hui, au sein du One Stop Center, soutenu par le UNFPA et ses partenaires, la réponse a changé. Les services médicaux, psychosociaux et juridiques sont réunis en un même lieu, garantissant une prise en charge intégrée, immédiate et confidentielle des survivantes de VBG et de MGF.

Pour Aleo, ce centre représente un tournant. « Avant, elles erraient d’un service à un autre. Aujourd’hui, elles sont accompagnées dès le premier instant. »

Au-delà de son rôle judiciaire, il consacre du temps à écouter, orienter et rassurer. En étroite collaboration avec les relais communautaires des associations de Balbala, il contribue à renforcer la prévention, le référencement et le suivi des survivantes au plus près des communautés.

Son message est clair :
« Briser le silence autour des MGF est essentiel. Trop de filles souffrent encore en silence. »
« Si vous êtes concernée, n’attendez pas. Le One Stop Center est ouvert 24h/24. Vous n’êtes pas seule. »

Aujourd’hui, Aleo Mohamed Aleo incarne une transformation concrète : celle d’un système où la prise en charge des survivantes devient accessible, coordonnée et digne — et où chaque fille peut espérer un avenir libéré des violences.